quand on n'a pas le droit à la parole car on est privilègiée

je suis une femme blanche, cis, pas trop moche... du coup j'ai perdu le droit à la parole, car privilégiée. cela n'est pas aussi une forme de discrimination?

Je me demande vraiment, mais alors vraiment à quoi cela sert de vivre?

Quoique je fasse, on me juge

On ne sait pas vraiment grande chose sur moi, autre que la partie visible de l'iceberg, c'est à dire, ma carrière dans les films X et la prostitution. certains savent que j'ai des enfants (mais pas de morale du coup pour pouvoir les éléver) et que j'ai milité pour les droits des animaux, les SDF (non, safetalk oblige, personnes sans domicile fixe) et l'ecologie.

vaguement, d'autres savent que je me suis mise dans la politique pour, justement defendre ces causes

On voit une femme, qui était pas trop moche à son époque, blanche, cis.

Qui a une image sulfureuse (juste parce que j'assume ma vie sexuelle et que je trouve que c'est un droit fondamental, mais bref)

 

Du coup...

On me connait et on me juge sur ces critères là.

On ne sait pas que je defends ces causes, car:

j'ai connue les hotels à 5 étoiles, oui

mais aussi la rue

J'ai connue la faim. Il y a encore quelques années, je faisais la queue aux restaurants du coeur pour nourrir mes momes (non, je ne pouvais PAS compter sur leur pere)

J'ai connu le viol et les agressions, comme bien  d'autres femmes

mais je me suis sentie agresssée et violée bien plus par beaucoup de femmes qui se disent "feministes" que par des hommes.

 

Et ce n'est pas parc que quelques cons m'ont manqué de respect, que je considère tous les hommes comme des agresseurs.

Je me suis par contre, souvent sentie plus valorisée et respectée en tant que femme, dans mes metiers sexuels que en dehors. Le jugement en dehors est cruel et sans pitié.

J'étais secretaire, assistente dentaire, traductrice, et bien d'autres metiers sous payés, ou l'on se fait écraser par un patron ou patronne et j'ai ressentie cela comme oppressant.

Quand j'ai commencé dans la protection animale, j''ai lu les insultes, à mon sujet, par d'autres qui travaillaient dans la protectiion animale

quand je faisais de la politique, je n'étais qu'une bonne à sucer

quand je me démenais pour les SDF, cétait pour me donner une bonne image (seulement, moi, je connais la faim et la rue, bien au contraire de celleux qui m'insultaient)

et maintenant, même dans un groupe où l'on devrait se serrer les coudes encore plus des insultes de l'extérieur, je me suis fait comprendre que je n'ai pas trop le droit à la parole, car je suis une femme "priviligiée"

tout comme n'importe qui, je n'ai pas choisi mon genre, couleur ou origines.

 

et oui, tres priviligiée..

le privilège que j'ai, et d'ailleurs le seul qui fait que je suis encore ici pour vous en parler, c'est d'avoir pu élever deux garçons, ayant du respect pour la femme et pour autrui.

Et d'avoir des personnes qui m'aiment pour qui je suis (car elleux me connaissent en vrai)

 

je ne vis que pour et par l'amour.

mais les jugements de celleux qui ne me connaissent même pas, devraient pas me toucher en tant que "priviligiée" et pourtant

c'est bien cela qui entraine un enchainement de pensées suicidaires. Si même quand j'essaie de faire quelque chose de bien, on me pointe du doigt, si je ne peux pas apporter ma petite pierre à l'edifice de ce qui devrait être un beau monde, que fous-je encore ici?

Une grande partie de moi, doit se battre incessement contre des pensées de suicide, car ce monde ne me plait pas, je ne m'y sens pas heureuse

une autre, veut simplement vivre entourée des personnes et l'homme que j'aime et ne plus me mêler de rien, hélas, la vie en veut autrement

Puis, il y a ces moments de repit, d''espoir. Quand je vois des ami.e.s qui sont là, qui me font re-croire à l'humanité, et ça fait chaud au coeur...mais un simple jugement d'une personne qui ne me connait ni dadam ni d'eve, suffit parfois, à me donner le dernier coup qui fait basculer tout

 

 

 

 

 

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